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En France, une femme décède toutes les sept minutes d’une maladie cardiovasculaire, selon la Fondation Agir pour le Cœur des Femmes.
Pourtant, les maladies cardiovasculaires restent encore trop souvent associées aux hommes ou aux femmes âgées. Une idée reçue qui peut avoir de lourdes conséquences.
L’infarctus du myocarde (crise cardiaque), l’accident vasculaire cérébral (AVC) ou encore l’insuffisance cardiaque peuvent aussi toucher des femmes jeunes, parfois même avant 40 ans.
Derrière ces chiffres, il y a des femmes de tous âges : des mères, des filles, des sœurs, des collègues. Des femmes qui, parfois, méconnaissent leurs facteurs de risque, minimisent certains symptômes ou repoussent leurs consultations médicales.
Et si vous appreniez à mieux reconnaître les signaux que notre corps nous envoie ?

Hypertension artérielle, diabète, excès de cholestérol, tabac, sédentarité, surpoids, les femmes partagent avec les hommes de nombreux facteurs de risque cardiovasculaire. Mais elles présentent également des particularités liées à leur vie hormonale.
Trois périodes méritent une vigilance particulière : la contraception, la grossesse et la ménopause.
Ces spécificités rappellent combien il est essentiel de prendre en compte l’histoire hormonale et obstétricale des femmes dans leur suivi médical.
La ménopause est une étape naturelle de la vie des femmes. Pourtant, ses conséquences sur la santé cardiovasculaire restent encore trop peu connues.
Pourquoi ?
À la périménopause, leur production devient irrégulière, puis diminue fortement à la ménopause.
Cette évolution peut s’accompagner de plusieurs changements :

Avant la ménopause, les ovaires produisent notamment des œstrogènes, des hormones qui participent au maintien de la souplesse des artères et à la régulation du métabolisme.
Ces transformations, associées au vieillissement naturel et aux autres facteurs de risque, contribuent à augmenter progressivement le risque cardiovasculaire. La ménopause ne se résume donc pas aux bouffées de chaleur ou aux troubles du sommeil. C’est aussi une période privilégiée pour faire le point sur la santé de son cœur.
Lorsqu’on évoque l’infarctus, on imagine généralement une douleur brutale dans la poitrine, pouvant irradier vers le bras, la mâchoire ou le dos.
Cette douleur reste un signe majeur de l’infarctus, chez les femmes comme chez les hommes. Mais chez les femmes, elle peut parfois être moins intense, prendre la forme d’une gêne ou d’une oppression thoracique, voire être absente. D’autres symptômes peuvent l’accompagner :

Une gêne thoracique qui persiste plusieurs minutes, qui se répète ou qui s’accompagne de ces manifestations doit particulièrement alerter. Certains symptômes peuvent être attribués à tort au stress, à la fatigue, à l’anxiété ou à des troubles digestifs.
Or, une douleur thoracique prolongée ou des symptômes faisant suspecter un infarctus constituent une urgence médicale.
Il ne faut pas attendre quinze minutes pour demander de l’aide, ni remettre la consultation au lendemain en espérant que les symptômes disparaissent.
En cas de doute, appelez immédiatement le 15 ou le 112.
Chaque minute compte pour permettre une prise en charge rapide et limiter les lésions du muscle cardiaque.
C’est un message essentiel : une femme de 30 ou 35 ans peut également être victime d’un infarctus. Chez les femmes jeunes, certains mécanismes particuliers doivent être connus.
C’est notamment le cas de la dissection spontanée d’une artère coronaire, une déchirure de la paroi d’une artère qui peut perturber la circulation du sang vers le cœur et provoquer un infarctus. Cette affection touche particulièrement les femmes et peut survenir même en l’absence des facteurs de risque cardiovasculaire classiques.
D’autres situations peuvent également augmenter le risque vasculaire, notamment l’association du tabagisme et d’une contraception contenant des œstrogènes. Il faut aussi rester attentif aux antécédents familiaux, en particulier à l’hypercholestérolémie familiale, une maladie génétique pouvant entraîner des taux très élevés de cholestérol dès le plus jeune âge.
Le stress chronique et la charge mentale peuvent, quant à eux, influencer la santé cardiovasculaire et certains comportements de santé. Ils ne doivent cependant pas être considérés comme l’explication systématique d’une douleur thoracique.
Être jeune, active et se sentir globalement en bonne santé ne protège pas totalement d’un accident cardiovasculaire.
L’hypertension artérielle est l’un des principaux facteurs de risque d’infarctus, d’AVC et d’insuffisance cardiaque.
Souvent sans symptôme, elle peut évoluer pendant plusieurs années sans être détectée.
À long terme, une pression artérielle trop élevée fragilise les vaisseaux sanguins et augmente le travail du cœur.

Selon Santé publique France, plus de 55 000 décès étaient attribuables à l’hypertension artérielle en France en 2021.
Pourtant, mesurer sa tension est un geste de prévention simple et accessible. En automesure à domicile, une moyenne atteignant ou dépassant 135/85 mmHg justifie une évaluation médicale.
Les troubles du sommeil peuvent également avoir des conséquences sur la santé cardiovasculaire. L’apnée obstructive du sommeil, caractérisée par des interruptions répétées de la respiration pendant la nuit, peut notamment favoriser l’hypertension artérielle et augmenter le risque cardiovasculaire.
Chez certaines femmes, elle peut se manifester par une fatigue persistante, des réveils fréquents, des difficultés de concentration ou des maux de tête matinaux.
Ces symptômes, parfois attribués au stress ou à la ménopause, méritent d’être évoqués avec un professionnel de santé lorsqu’ils persistent.
Entre vie professionnelle, responsabilités familiales, accompagnement des proches et sollicitations quotidiennes, certaines femmes consacrent beaucoup de temps aux autres, parfois au détriment de leur propre santé. La charge mentale, le stress, le manque de sommeil ou les difficultés d’accès aux soins peuvent également compliquer la prévention.
Faire le point sur ses facteurs de risque, contrôler sa tension, pratiquer une activité physique régulière, arrêter le tabac, préserver son sommeil et consulter lorsque des symptômes apparaissent sont autant de moyens de protéger sa santé.

Et si nous apprenions à mieux écouter notre cœur ?
La prévention cardiovasculaire ne commence pas à la ménopause. Elle concerne les femmes à toutes les étapes de leur vie.
La santé des femmes doit pouvoir être abordée librement, sans tabou ni idée reçue. L’information doit circuler, être accessible et permettre à chacune de mieux comprendre son corps, ses facteurs de risque et les moyens d’agir pour préserver sa santé. Mieux connaître les changements hormonaux, reconnaître les signes d’alerte et bénéficier d’un suivi médical adapté sont autant d’étapes essentielles.
Une douleur inhabituelle, un essoufflement inexpliqué, une fatigue anormale : ne banalisez pas les signaux d’alerte.
En parler, sensibiliser son entourage et partager les bons réflexes peut contribuer à sauver des vies.
Prenez soin de votre cœur, c’est vital !

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